ce que retient notre histoire…pendant cette période douloureuse…cette période d’occupation des années 40

 
histoire vraie et vécue…
 
cette période…de guerre 1944
 
 

Daniel Rouxel /// Mittwoch, 17-10-07 23:31

Né maudit – Nathan 12 et + par ARTHUR TENOR. En voici le préambule : " Ce livre est un récit de fiction. Les personnages et les lieux ne sont donc pas réels et les événements imaginaires. Pourtant, cette histoire est vraie, parce qu’elle est inspirée d’un moment de l’Histoire de France qui ne doit pas sombrer dans l’oubli. Bien au contraire, il faut garder en mémoire, dans notre mémoire collective, que des êtres humains ont été châtiés par certains de leurs semblables au seul motif qu’ils n’étaient pas nés « comme il faut ». Aux heures sombres de l’Occupation, l’innocence ne leur a pas été accordée. Cela rappelle furieusement d’autres formes d’intolérance abjecte : né juif, né noir, né infirme, né ailleurs, né différent… Parmi les envahisseurs de la France en 1940, il n’y avait pas que des nazis, des SS, des tortionnaires… bref des monstres. Il y avait aussi des hommes, de simples hommes embrigadés sous une bannière. Malgré leur uniforme vert-de-gris, ils pouvaient devenir amis, amant, amours de femmes françaises. Certains le furent et ainsi, naturellement, naquirent des enfants de la guerre. Songez qu’on estime en France leur nombre à deux cent mille. Cela mérite bien qu’on parle d’eux… " Et le texte qui précède en fin de livre l’interview réalisée de Daniel Rouxel, l’un de ces enfants de la guerre : " Je garde un souvenir très précis du moment où l’idée, plus exactement l’envie, m’est venue d’écrire ce récit, Né maudit. Je regardais les informations télévisées, avec plus ou moins d’intérêt, lorsque la présentatrice annonça un reportage à l’occasion de la sortie du livre de Jean-Paul Picaper, Enfants maudits. Mon attention s’est accrue à l’écoute de ceci : « On estime à deux cent mille ces enfants nés de mère française et de père allemand durant l’Occupation. Parmi eux, beaucoup ont eu à subir les brimades, les humiliations et le rejet d’une population traumatisée par cinq années de guerre. Voici donc le reportage sur l’un de ces enfants martyrs, Daniel Rouxel. » En suivant sur mon écran de télévision le témoignage de cet homme, né en 1943, que sa grand-mère enfermait dans le poulailler, que les villageois venaient voir comme un animal curieux, que ses petits camarades montraient du doigt en le traitant de « Fils de Boche », j’ai d’abord éprouvé cette morsure au cœur qui suscite colère et révolte, comme si j’étais moi-même blessé. C’est sans doute parce qu’en Daniel Rouxel, je voyais l’innocence dans toute sa vulnérabilité, livrée à la bête humaine. Quelle faute avait-il donc commise, ce garçon, pour qu’à huit ans on l’humilie en place publique ? Qui étaient-ils donc ces juges et ces exécuteurs de basses besognes ? Sans doute, l’incarnation de la bêtise mariée à la méchanceté. Et puis, j’ai attentivement écouté et observé cet homme qui aurait pu choisir, après tant de douleurs endurées, de devenir lui-même un persécuteur aigri. Au lieu de cela, Daniel a su comprendre les pourquoi du comment, et il a su garder intacte deux formidables qualités : la sensibilité et la compassion. Je n’étais plus seulement touché par le récit d’un enfant martyr, mais globalement par un être humain qui m’apparaissait d’une exceptionnelle gentillesse. Une fois achevé le manuscrit de Fils de Boche, je l’ai contacté. J’espérais qu’il accepterait de lire mon roman et de me donner son avis, car je ne voulais pas que ma fiction trahisse la réalité. Je souhaitais également lui proposer un entretien afin de mieux le connaître et, si possible, recueillir son témoignage personnel. Et cela s’est fait, aussi aisément qu’avec le meilleur des amis. L’image que je m’étais forgée de Daniel Rouxel était bien conforme à ce qu’il a su rester. "J’ajoute un mot pour remercier Daniel à qui je dois ce roman qui compte pour moi parmi mes œuvres majeures. Voici un lien vers le site de l’association Franco-allemande des enfants nés de la guerre « CŒURS SANS FRONTIERES »: http://www.coeurssansfrontieres.biz e-mail de Daniel : daniel.rouxel@tiscali.fr 72100 Le Mans

 

Daniel ROUXEL /// Mittwoch, 07-11-07 23:47

Plus jamais cela! Un témoignage pour faire avancer les Droits de l’enfant dans l’Europe de 2007.
Par Daniel Rouxel.
Né sous secret le 2 avril 1943, à la maternité de Port- Royal à Paris 14 ° d’une Mère française et d’un père allemand, lieutenant de la WEHRMACHT, en poste au terrain d’aviation de Pleurtuit (35).
Je fus confié à une maison maternelle pendant huit mois avant d’être placé dans une famille d’accueil jusqu’à l’âge de quatre ans. Elevé à Pleine Fougère (35), en parfaite harmonie avec Jacky, mon frère de lait, j’ai le souvenir d’avoir été heureux.
Devenus trop vieux, mes grands-parents adoptifs ont demandé à ma mère de me retirer. Celle-ci me plaça chez sa Mère. Ma Mère, travaillait à Pleurtuit en Ille- et-Vilaine puis à la débâcle partit à Paris. Elle ne pouvait s’occuper de moi et je ne la voyais qu’épisodiquement une fois par an.
A quatre ans, je fus donc déraciné, emmené chez cette dame que je ne connaissais pas et qui était ma Grand-mère maternelle. Elle m’inscrit à l’école communale de Mégrit (22) petit village de Bretagne de six cent habitants où tout le monde connaissait tout sur tout le monde.
Très vite, regardé comme un étranger et une bête curieuse, j’appris mes origines.
Dans les villages où l’électricité n’était pas encore dans toutes les maisons, les soirées étaient occupées par des veillées devant des bolées de cidre à manger des châtaignes grillées au feu de bois. Les langues allaient bon train sur chaque personne du village. Très vite ma grand-mère, ma mère absente et moi devînmes le centre d’attraction de ce village.
Il était de mauvaises mœurs d’être l’enfant d’une fille-mère et de surcroît le fils d’un boche, donc de l’ennemi. On me le fit payer très cher. Enfants et adolescents ne sont pas tendres entre eux et encore moins avec ceux qui n’ont pour se défendre que la honte et les larmes.
Les lendemains à l’école, les autres gamins connaissaient mes origines et les insultes allaient bon train. La douleur provoquée par les mots « fils de boche et de putain » étaient du velours par rapport à celle que me causèrent les adultes. L’instituteur, le curé, certaines personnes du village, tous se moquèrent cruellement sans oublier cet ignoble adjoint au maire qui un dimanche à la sortie de l’église demanda que je m’approche de lui. Par méchanceté, vanité et bêtise conjuguées, il posa cette question aux villageois « Savez-vous qu’elle différence il y a entre un fils de boche et une hirondelle ? » Personne n’avait l’air de savoir ! ………. « Une hirondelle quand elle fait ses petits en France et qu’elle repart, elle les emmène, alors qu’un boche les laisse sur place ». Les pleurs et la honte m’envahirent, je devais avoir cinq à six ans.
Je ne rentrerai pas dans les détails les plus vils que ses braves campagnards employaient pour m’humilier ou me punir ! Mais de quoi ? J’étais un fils de boche et cela suffisait à jeter sur moi l’opprobre et la haine. Même ma grand-mère prenait fait et cause pour eux car elle aussi rougissait de cette situation. Elle m’enfermait plut facilement dans le poulailler pour dormir la nuit, qu’elle ne m’embrassait. Elle avait horreur que je la lèche, comme elle disait. Les raclées, pas toujours justifiées me tombaient souvent dessus. Le tutoiement était interdit, j’ai toujours vouvoyé ma grand-mère.
Elle aussi avait ses excuses, fille de l’assistance publique, ne sachant ni lire ni écrire, elle avait perdu son mari des suites des gaz lors de la guerre 14-18.
J’ai toujours pensé être un « accident de la guerre », plus tard, dans les dernières années de vie de ma mère, nous avons beaucoup parlé. Je sais depuis que je suis un enfant né de l’amour rendu impossible par la guerre. La réalité de ma double origine, française et allemande est tout autre que l’indignité tant dénoncée, elle est au contraire la substance même de ce qu’il y a de plus noble et beau, le fruit de l’amour au sein de la guerre signifiant ainsi à celle-ci qu’elle n’a pas le dernier mot. Quoi de plus encourageant pour les générations futures ?

Mon père est décédé j’avais deux ans à la débâcle, il m’a pris dans ses bras, m’a donné le biberon et à écrit à sa famille, avant qu’il ne soit tué, qu’il avait un enfant en France. Sa famille voulait faire le nécessaire pour que je sois élevé en Allemagne, ma mère s’y est refusée. A douze ans je fis la connaissance de ma famille allemande, je reçus un accueil chaleureux, nos relations sont excellentes.
Pour Conclure
Ce qui est le plus terrible chez un enfant, ce n’est pas de savoir qu’il n’est pas aimé, et pourtant c’est important,……… mais c’est de ne pouvoir aimer parce ce noble sentiment est rejeté des autres.
Puisse mon histoire à travers celle de mes parents inscrite dans l’Histoire balayer les préjugés indignes des droits de l’Homme et les malveillances immondes quant à ceux de l’Enfant !

Daniel ROUXEL contact : daniel.rouxel@tiscali.fr Le Mans F.72100
Contact association : CŒURS SANS FRONTIERES http://www.coeurssansfrontieres.com
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rodinscot /// Sonntag, 25-11-07 12:23

issu de cette famille des enfants nés d’un pere autrichien ,militaire a baden-baden en tant qu’officier.je suis en recherche et comprends bien ce desarroi vécue dans notre enfance,j’ai vécu en lorraine et cette culture a bien été cultivée,meme dans les communautes d’emigrés.je vous invite a lire mon site "gardez les yeux ouverts" pseudo,rodinscot a tres bientot

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