nos voisins…parlent de nous…la FRANCE…que savons nous…?

La France, ses habitants en sont bien conscients, ne va pas très bien en ce moment. Mais la véritable ampleur de ce désarroi transparaît lorsque la France est critiquée par des auteurs qui ne sont pas à la hauteur de leur objet. Avec son livre « Ist Frankreich noch zu retten? » (La France peut-elle encore être sauvée ?), le correspondant de la ZDF à Paris, Alexander von Sobeck, veut sermonner le voisin désemparé. À l´inverse, après lecture, la question qui s´impose serait plutôt : peut on encore sauver la maison d´édition et l´auteur qui ont été capable de réunir un tel ramassis d´arrogances, d´âneries et de préjugés entre les deux couvertures d´un livre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se moquant à la façon d´un mauvais guide de voyage organisé, avec la finesse d´un auteur de l´almanach Vermot et avec la suffisance d’un touriste ignorant, von Sobeck rassemble clichés refroidis et véritables insultes. Pour lui les Français sont mal lavés, toujours en retard, et corrompus tout en aimant la pompe et la gloire. Dans le midi de la France on est « arnaqué, volé et on se fait tirer dessus ». Et plutôt que de rencontrer de jolies françaises, on croise des « semblants de femmes, négligées, aux visages aigris ». Les dirigeants industriels français sont pires encore : ils se querellent « comme des chiffoniers », gagnent l´essentiel de leur argent grâce à l’appareil militaro-industriel et sont de toute facon de mèche avec leurs gouvernements semi-criminels.

 

Des rumeurs cent fois réfutées – Nicolas Sarkozy partisan de l´Eglise de scientologie, Ségolène Royal fille adultérine de Mitterand – alternent avec des évocations entachées d’erreurs criantes d’évènements pourtant connus de tous comme la soi-disant rencontre entre Kohl et Mitterand à Bitburg*. Etrangement, seul un chapitre se distingue par sa pertinence : c´est celui concernant la gestion des grandes sociétés nationales françaises. Pas de miracle à cela : ces cinq pages sont presque littéralement recopié d´un reportage économique paru dans la Zeit (12 janvier 2006, page 23). Une erreur toutefois : la source manque.

 

En expliquant que « les scrupules, l’empathie, et le respect de la pensée de l’autre ne sont en rien l’affaire des Francais », l´auteur met en fait en exergue ses propres faiblesses. En reprenant sa formule finale selon laquelle la France serait « une petite république bananière », il est surtout à craindre que l’auteur et la maison d’édition ne se vautrent dans une "littérature bananière".

 

Michael Mönninger

(ancien correspondant pour la Zeit à Paris)

 

* Une polémique était née lors de la visite en 1986 du chancelier Kohl accompagné par le président américain Ronald Reagan au cimetière militaire de Bitburg (Rhénanie-Palatinat) où sont enterrés des

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