l’université… nos étudiants…méritent …que l’on s’en occupe…pour nos enfants

syndicats soutiennent le mouvement de contestation étudiante ?

La contestation étudiante se cristallise autour de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), votée le 10 août dernier par le Parlement. Le mouvement est parti de quelques universités : les facultés de lettres, psychologie et sociologie de Rouen et de Toulouse-Le-Mirail qui se sont mises en grève le 30 octobre, et celles de Tolbiac (Paris-I) et d’Aix-Marseille. Il a été lancé par un Collectif contre l’autonomie des universités (CCAU), rassemblant plusieurs syndicats minoritaires, SUD-Etudiant, la Fédération syndicale étudiante (FSE), quelques membres de l’UNEF et d’autres organisations d’extrême gauche. Le collectif réclame l’abrogation pure et simple de la loi.

La direction de l’UNEF, principal syndicat étudiant, s’est pour sa part montrée en retrait par rapport à cette mobilisation. Si le syndicat conteste les dispositions de la loi, il ne veut pas d’une"mobilisation exclusivement sur l’abrogation, car c’est un objectif qui ne nous semble pas atteignable", argumente Bruno Julliard, son président. Devant l’ampleur de la mobilisation, le syndicat a finalement appelé à "amplifier" un mouvement qui reflète selon lui les "inquiétudes" des étudiants. L’UNF "exige des modifications de la loi et une rallonge budgétaire significative en direction des universités pour garantir le service public".

Que reprochent concrètement les étudiants à la loi Pécresse ?

Le collectif contre l’autonomie des universités reproche à la loi dite "Pécresse" d’introduire une "logique marchande" dans les universités, en leur permettant "de faire appel à des fonds privés". L’article 28 de la réforme autorise notamment les universités à se doter de "fondations universitaires", capables d’attirer des financements privés. Pour certains, cette entrée du secteur privé dans les universités signe la mort de la recherche fondamentale et des filières de sciences humaines et sociales.

Les étudiants en grève craignent également que la loi crée un enseignement supérieur à deux vitesses, toutes les universités n’ayant pas le même pouvoir d’attraction vis-à-vis des entreprises, et mette à mal la gestion démocratique dans les universités en accroissant les pouvoirs des présidents.

Pourquoi parle-t-on de désengagement de l’Etat si celui-ci augmente le budget des universités ?

La ministre chargée de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, et le premier ministre, François Fillon, se défendent de vouloir "privatiser" les universités, faisant valoir l’augmentation de 1,8 milliard d’euros des crédits alloués aux universités dans le budget de l’Etat 2008 et de 5 milliards d’euros sur les cinq années à venir.

Pour l’UNEF, il s’agit pourtant d’un "budget en trompe -l’œil". "Si on ajoute les crédits d’impôts – qui ne sont pas des euros supplémentaires –, les retards de paiement des enseignants-chercheurs et des contrats de plan, il ne reste pas grand chose", détaille Bruno Julliard. Surtout que pour le syndicat étudiant, cette augmentation de budget ne s’appliquera pas aux postes concernant directement les étudiants : les bourses, les aides au logement, le recrutement des enseignants.

Du côté de la Conférence des présidents d’université (CPU), on reconnaît qu’il y a "indéniablement" une augmentation de budget, "même s’il est vrai que celle-ci passe par de nombreux circuits indirects, permettant notamment de récupérer de l’argent par voie de défiscalisation". Ce que la CPU déplore surtout, c’est "qu’il n’y ait pas plus de moyens pour l’accompagnement des étudiants en licence", seulement 40 millions d’euros, alors qu’il s’agit d’un chantier clé pour enrayer l’échec de 40 % des étudiants en premier cycle.

Surtout, la loi sur l’autonomie des universités implique que celles-ci acquièrent de "nouvelles compétences" (gestion, ressources humaines, immobilier), pour lesquelles les universités auraient besoin de recruter du personnel qualifié. Le budget 2008 ne prévoit pourtant aucune création de postes, dénoncent la CPU et les syndicats étudiants.

Pourquoi le mouvement ne "prend-il" que trois mois après le vote de la loi ?

C’est tout simplement pour une question de calendrier universitaire, expliquent les syndicats étudiants. "La préparation de la loi s’est faite pendant les vacances d’été", rappelle Anouck Colombani, secrétaire fédérale du syndicat SUD-Etudiant. "La rentrée a eu lieu fin septembre-début octobre et il faut un temps pour informer, préparer et mobiliser les étudiants."

Les organisations du Collectif contre l’autonomie des universités n’avaient pas participé aux concertations lancées en mai-juin par Valérie Pécresse avant l’approbation de la loi. Seuls avaient été conviés les syndicats siégeant au Conseil national supérieur de l’enseignement et de la recherche (Cneser) : l’UNEF, la FAGE, l’UNI, la PDE et la Confédération étudiante.

A l’UNEF, Juliette Grissond explique que "notre rôle en tant que syndicat était de participer dans un premier temps aux concertations pour obtenir des avancées pour les étudiants". L’étudiante rappelle que l’UNEF avait ainsi obtenu le retrait de la disposition sur la sélection à l’entrée en master. "On a toujours considéré que cette loi était dangereuse, mais au mois de juillet, il était hors de question de parler de mobilisation des étudiants", poursuit-elle, justifiant ainsi cette contestation en plusieurs temps.

Quel rapport entre la mobilisation étudiante et la grève des cheminots et des fonctionnaires ?

Les étudiants se sentent solidaires des corporations mobilisées pour protester contre ce qu’elles considèrent un démantèlement des acquis sociaux et de la fonction publique. Plusieurs syndicats étudiants se sont joints à la grève des cheminots du 14 novembre contre la réforme des régimes spéciaux et la plupart se mobiliseront aux côtés des fonctionnaires le 20 novembre.

Ces appels ne sont pas du goût de tous les étudiants, y compris parmi les plus mobilisés contre la loi LRU. Pour certains, cette extension des revendications décrédibilise et éparpille le mouvement, entraînant une confusion des genres.

Les modalités de la lutte sont vigoureusement débattues en AG entre les partisans d’une lutte générale contre la politique de Nicolas Sarkozy et ceux qui souhaitent se focaliser sur les réformes visant strictement l’enseignement supérieur.

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