julien gracq…ces eaux étroites …edgar poé…EVRE

ces eaux étroites  (suite)
 
 
je parle d’edgar poé ,et voici qu’il ne va guére me quitter tout au long de cette excursion tant de fois recommencée -bien souvent en compagnie bruyante et joyeuse -et qui pourtant ,non pas seulement dans mon souvenir,mais caque fois et pendant meme que je la recommençais ,a gardé toujours quelque chose de l’allure du réve ,dans le défilé muet ,incomprehensiblement majestueux ,des deux rives qui viennent a moi
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et s’écartent comme les lévres d’une mére rouge  fendue dans le sentiment a la fois de lenteur irréelle  et de vitesse lisse que j’ai cru retrouver  parfois dans les plus beaux ,les plus vastes rèves d’opium de quincey.l’eau noire ,l’eau lourde ,l’eau mangeuse d’ombres qu’a décrite gaston bachelard celle qui ceinture l’ile de la fée ,celle qui attend au creux de ses douves de se refermer sur les décombres de la maison usher – si différente  du flot insidieusement violent qui râpe et ratisse les gréves de la loire ,et renverse par les epaules comme un chien joueur le nageur qui cherche à reprendre pied – elle était là ,elle fut là pour moi tout se resserre et se rapproche..je suis allé bien souvent à pied au bout du chemin vert  pique niquer sur l’herbe .ce qui commence plus loin ,au délà de la bosse d’une colline qui vient border la berge ,c’est une autre contrée ,non praticable au pied,non carrossable à la voiture ,dont l’accés est réservée a certaines journées fastes :journées sans nuages de fête et de chaleur ,que le soleil dés le matin  consacre ,et dont l’eau seul ouvre le chemin .
 
 
 
 
 
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presque tous les rituels d’initiation,si modeste qu’en soit l’objet ,comportent le franchissement d’un couloir obscur, et il y a dans la promenade  de l’evre un moment ingrat  ou l’attention se détourne ,et ou le regard se fait plus distrait .la riviére se resserre  et se calibre ,les plantes d’eau et meme les rodeaux des rives  un moment disparaissent .les berges maintenant hautes et ébouleuses  mettent à nu les racines des saules et des frênes  têtards  qui retiennent mal;les galeries des rats d’eau sapent de partout des falaises instables .la berge s’elevant ,on aperçoit plus ,de la barque ,que le plan d’eau étroit ,les couleurs de lma glaise  qui le borde ,les racines déchaussées ,les rats qui cavalcadent  s ur les banquettes d’argile  mouillée ,et parfois la double ride fine ,l’angle obtus du sillage  d’une couleuvre qui traverse la riviére :pour un instant ,un sentiment proche du malaise flotte sur les berges ,cariées  ou s’anime un peu trop de trotte-menu de la boue. 
 
 
 
 
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mais trés vite ,de nouveau  la perspective change et s’aére :un objet flottant à la silhouette indéfinissable ,qui tient à la fois du dais ,de la fête dieu et d’ une pagode de lilliput est en vue ,amarré  à demeure à la rive ;en approchant ,le bordé trés bas qui rase l’eau ,le tendelet de zinc ajouré qui abrite la nacelle quadrangulaire ,les trainées savonneusesqui s’allongent  parfois à la surface de l’evre font ressentir sa déstination modestement utilitaire,mais
 
 
 
 
 
 
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bon voyage…en loire sauvage
 
erdre…evre…au fil de l’eau
 
 
 
 
en travaux…
 
 
 
  
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