ce coin de philo…bernard steigler…en blog,mais pas en masse

Bernard Stiegler est philosophe et docteur de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il est aujourd’hui directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou, où il dirige l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), créé à son initiative en avril 2006. Il a été directeur de programme au Collège international de  philosophie, professeur à l’UTC (Université de Compiègne), directeur de l’unité de recherche Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques, qu’il y a fondée en 1993, directeur général adjoint de l’Institut National de l’Audiovisuel, puis directeur de l’IRCAM.
Il est l’auteur de La technique et le temps, ouvrage en six volumes dont trois sont parus aux éditions Galilée. Il a récemment fait paraître La télécratie contre la Démocratie (2006) et Réenchanter le monde : La valeur esprit contre le populisme industriel (2006 en collaboration). Il a également publié le récit Passer à l’acte (mai 2003)

 

 

Beranrd StieglerBernard Stiegler, né en 1952, est philosophe et écrivain, a écrit une demi-douzaine de livres marquants, ainsi que de nombreux articles. Il voyage beaucoup et participe à nombre de manifestations culturelles internationales.
Il a été nommé en 2002 directeur général de l’IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) http://www.ircam.fr/institut.html

Il a par ailleurs créé un laboratoire de recherche à l’université de Compiègne, "Connaissances, organisations et systèmes techniques " qui travaille sur les technologies cognitives, liées aussi bien aux domaines du texte et de l’image et du son, que de la perception et du handicap.

Principaux ouvrages récents

Mécréance et discrédit Tome 1 La décadence des démocraties industrielles, Galilée ; 10/2004 (Lire notre présentation)
Philosopher par accident – Entretiens avec Elie During, Galilée 04/2004
De la misère symbolique – L’époque hyperindustrielle Tome 1, Galilée 03/2004
La catastrophe du sensible Galilée 02/2004
Aimer, s’aimer, nous aimer – A propos du passage à l’acte de Richard Durn, Galilée 10/2003
Passer à l’acte Galilée, 05/2003
La technique et le temps – T3 Le temps du cinéma et la question du mal-être, Galilée 10/2001

 

La télécratie qui règne désormais en France comme dans la plupart des pays industriels ruine la démocratie : elle remplace l’opinion publique par les audiences, court-circuite les appareils politiques et détruit la citoyenneté.

 
 

La télécratie qui règne désormais en France comme dans la plupart des pays industriels ruine la démocratie : elle remplace l’opinion publique par les audiences, court-circuite les appareils politiques et détruit la citoyenneté. La télévision et l’appareillage technologique qui la prolonge à travers les réseaux numériques de télécommunication sont en cela devenus le premier enjeu politique. De ces effets ruineux de la télécratie, qui transforment la vie quotidienne dans ses aspects les plus intimes, les candidats au scrutin présidentiel de 2001 ne disent pas un mot: ils ont été produits par ce système. Car à travers ce que l’on appelle les industries de programmes, c’est la relation politique elle-même qui est devenue un nouveau marché, et ce marketing confine aujourd’hui à la misère politique : au cours de la dernière décennie, l’appareil électrique a développé un populisme industriel qui engendre à droite comme à gauche une politique pulsionnelle, et qui semble conduire inéluctablement au pire. Ce devenir infernal n’est pourtant pas une fatalité. La philosophie se constitua à son origine même contre la sophistique : celle-ci, par une appropriation abusive de l’écriture, développait une gangrène qui menaçait de guerre civile la cité athénienne. De cette lutte contre les tendances démagogiques de la démocratie grecque résultèrent les formes dé savoirs qui caractérisent l’Occident. Prônant un nouveau modèle de civilisation industrielle, cet ouvrage affirme qu’un sursaut démocratique contre les abus de la télécratie est possible, et appelle l’opinion publique française et européenne à se mobiliser contre la dictature des audiences.


 

 
 
 

 

 

 

 

 

 

" Mon devenir-philosophe en acte, si cela eut lieu, et je crois bien sûr que cela eut lieu, fut l’effet d’une anamnèse produite par une situation objective dans le cours accidentel de mon existence. L’accident consista en cinq années d’incarcération que je passai à la prison Saint-Michel de Toulouse puis au centre de détention de Muret, entre 19’78 et 1983 – années évidemment précédées par un passage à l’acte, c’est-à-dire par une transgression.

Or, ce furent cinq années de pratique philosophique, de phénoménologie expérimentale, et de passage aux limites de la phénoménologie, après ce « passage à l’acte » qui n’avait, en soi, strictement rien de philosophique.

On doit toujours être prêt à philosopher à mort, comme le fait Socrate, et philosopher dans le mourir qu’est une vie ; mais « une vie », cela veut dire ici une existence et une facticité, c’est-à-dire une accidentalité. Par exemple, la condamnation à mort de Socrate est un accident qu’il faut: dont Socrate va faire en sorte qu’il le faille, dont il va faire un défaut qu’il aura fallu. La vocation philosophique, s’il y en a, se donne comme chez Proust dans le futur antérieur d’un après-coup, comme endurance de l’après-coup

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L’après-coup traverse et structure ce que ces cinq années de prison furent pour moi

" Mon devenir-philosophe en acte, si cela eut lieu, et je crois bien sûr que cela eut lieu, fut l’effet d’une anamnèse produite par une situation objective dans le cours accidentel de mon existence. L’accident consista en cinq années d’incarcération que je passai à la prison Saint-Michel de Toulouse puis au centre de détention de Muret, entre 19’78 et 1983 – années évidemment précédées par un passage à l’acte, c’est-à-dire par une transgression.

Or, ce furent cinq années de pratique philosophique, de phénoménologie expérimentale, et de passage aux limites de la phénoménologie, après ce « passage à l’acte » qui n’avait, en soi, strictement rien de philosophique.

On doit toujours être prêt à philosopher à mort, comme le fait Socrate, et philosopher dans le mourir qu’est une vie ; mais « une vie », cela veut dire ici une existence et une facticité, c’est-à-dire une accidentalité. Par exemple, la condamnation à mort de Socrate est un accident qu’il faut: dont Socrate va faire en sorte qu’il le faille, dont il va faire un défaut qu’il aura fallu. La vocation philosophique, s’il y en a, se donne comme chez Proust dans le futur antérieur d’un après-coup, comme endurance de l’après-coup.

         
la prison…un luxe…NON
envoyé par rodinscot

 

L’après-coup traverse et structure ce que ces cinq années de prison furent pour moi – mais aussi les vingt qui les suivirent, et qui m’ont conduit aujourd’hui devant vous comme devant la loi. "

l’hadopi m’a tué…

Que penser de tous ces anciens, de Dave à Juvet, commensaux venus bouffer aux râteliers de la télé pour se faire un peu de thune. Pagny, n’en parlons pas, irrécupérable. Pire que Delon. Et les BB brunes, rockeux en couche culotte, petits merdeux à la mentalité de vieux friqueux, une honte eu égard aux génies de ce genre qui du temps de Gong, auraient promu le téléchargement contre la tyrannie des profiteurs du disque. Mais il est vrai que tous ces artistes médiocres, de BB brunes à Maé, ne seraient rien sans cette machinerie industrielle qui a ses entrées dans la machinerie médiatique et savent promotionner cette sous culture pour masses et porcs. Il est normal que tout ce petit monde qui empoche tant de fric défende leurs pourvoyeurs de thune. Même Lavilliers s’est fourvoyé. Quelle honte !

Et si on demandait, en poussant la logique commerciale

   

…RODINSCOT

en travaux …a plus rodinscot

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