cette épuration…EN PROVENCE….ou tout arrive …à point

Eté 1944 en Provence : tondues pour "collaboration horizontale"

Publié le jeudi 18 juin 2009 à 14H33

Fabrice Virgili, auteur de La France "virile", revient sur la tonte des femmes à la Libération

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Dès le 25 août 1944, on peut lire dans La Marseillaise que des femmes tondues "portent publiquement les marques de leur infamie, elles sont rejetées du sein de la Nation française".

Repro LP

Ce soir, à 22h55, France 2 diffuse le documentaire "Une épuration française". Un film dans lequel des historiens décryptent la période troublée de la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Parmi eux, Fabrice Virgili. Chercheur à l’IHTP (institut d’histoire du temps présent), il a publié en 2000 La France "virile" chez Payot-Rivages et estime que 20 000 femmes ont été tondues à la Libération : plus de la moitié pour "relations sexuelles" avec l’ennemi, 20 % pour collaboration économique, 11 % pour collaboration politique ou militaire, 9 % pour dénonciation, 2,5 % pour avoir eu la nationalité d’un pays de l’Axe.

 

 
 

– Des femmes ont-elles été tondues lors de la Libération de Marseille ?
Fabrice Virgili : "Bien évidemment. Le phénomène fut massif, il concerne toutes les régions de France. Les tontes se déroulent autant en zone rurale que dans les grandes villes. En ce qui concerne Marseille, il suffit de se référer à la presse locale. Dès le 25 août 1944, on peut lire dans La Marseillaise qu’ "elles portent publiquement les marques de leur infamie, elles sont rejetées du sein de la Nation française". Toutefois, dès le 3 septembre, le même journal lance un appel à la modération en évoquant une dénudation publique : "Ne salissons pas notre victoire, notre belle victoire populaire".
Entre les articles de la presse et les témoignages, j’ai recensé six "lieux de tonte" : La Canebière, la préfecture, le Prado, Endoume, la Pomme et la Rose. Autrement dit, des lieux de pouvoir comme la préfecture, où la tonte concernait toute la communauté, et des quartiers comme Endoume, ce qui témoigne d’une violence de proximité, de voisinage. Souvent, les protagonistes se connaissaient. D’ailleurs, le châtiment était souvent annoncé : pendant l’occupation, on glissait des mots de menaces dans les boîtes aux lettres…

– Pourquoi ces femmes étaient-elles considérées comme des traîtresses à la Nation ?
F.V. :
Parce que l’idée qu’elles aient pu s’octroyer du plaisir, échapper à la souffrance commune, en temps de privation, était insupportable. Et parce qu’en temps de guerre totale, ce qui était de l’ordre du privé est devenu public, un acte politique. Pour la patrie, ces femmes avaient symboliquement commis un adultère national. La "collaboration horizontale" a incarné, de manière absolue, la défaite de la France. La France qui se couchait, à travers ses femmes, reflétait comme une deuxième débâcle, renvoyait les hommes à leur virilité défaillante. Et les enfants nés de ces relations avec l’ennemi portaient, symboliquement, en germe, la disparition de la Nation.
Mais il faut souligner que des femmes ont été tondues pour des raisons très diverses. Et que cette humiliation qui leur était réservée n’empêchait pas d’autres peines : des collaboratrices ont été tondues, puis fusillées. On ignore qu’il y a eu plusieurs vagues de tontes, la première avant la Libération… Dès mars 1944, on en trouve mention dans la presse clandestine. Elles se déroulent alors le plus souvent de nuit. Une fois les cortèges de tondues de la Libération passés, cette pratique se poursuit inégalement selon les villes.
Une deuxième vague se dessine mai-juin 1945. Elle correspond à la conjonction de trois phénomènes. C’est la période du retour des déportés, des prisonniers de guerre, des requis au STO, mais aussi des travailleurs volontaires et de celles et ceux qui sont partis avec les Allemands lors de leur retraite. C’est aussi la découverte de l’horreur des camps. Retour des rescapés, images des camps, témoignages publiés par la presse provoquent un véritable choc dans la population. La volonté d’une épuration en profondeur est ainsi relancée. C’est aussi le moment où un certain nombre de personnes, arrêtées à la Libération, sont relâchées après quelques mois d’internement. Pour beaucoup, elles semblent s’en tirer à trop bon compte. Tontes, attentats, exécutions viennent compléter une épuration légale jugée trop clémente ou incomplète par certains.

 

– Aujourd’hui, que reste-t-il du phénomène ?
F.V. :
Force est de constater que la "tondue" est une des images fortes de cette période. Mais au-delà d’une certaine fascination médiatique, la volonté de comprendre, d’expliquer, reste rare. Les femmes tondues expriment une honte française qui dure toujours. Soixante ans après…".

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Le récit du colonel Sassi, témoin de tontes à Gap

Décédé en janvier dernier, le colonel Jean Sassi s’était engagé dans le Commandement Suprême Interallié en 1943. Il a notamment participé à des missions très spéciales contre les Allemands puis contre les Japonais pendant la seconde guerre mondiale.  Une expérience qu’il a retracé, avec Jean-Louis Tremblais, dans  "Opérations spéciales, 20 ans de guerres secrètes (Résistance, Indochine, Algérie)" qui vient de paraître aux éditions Nimrod. Il y est revenu notamment sur la tonte des femmes à Gap :

"Toujours à Gap, j’ai vu des femmes tondues défiler en cortège devant les FFI. La populace les couvrait d’insultes et de crachats. C’était inhumain. Dans le même secteur, les FFI avaient voulu éliminer une femme avec laquelle nous déjeunions en présence de L’Hermine. Elle était soupçonnée de "collaboration horizontale" ou l’objet d’un quelconque ragot (il suffisait de pas grand-chose, à l’époque). Nous avions rétorqué aux pseudo-justiciers : "Tant que nous serons là, vous ne la toucherez pas !" Mais les FFI avaient insisté, pressant L’Hermine de les autoriser à l’embarquer et à la fusiller ! Il n’a pas cédé. C’était une femme charmante, bien élevée et fort cultivée. Elle s’en est sortie, mais tout le monde n’a pas eu cette chance."

 

a bientôt…rodinscot

 

phaloria VII   juin 2009   rodinscot

 

La France "virile". Des femmes tondues à la Libération
Conférence, Paris, Jeudi 13 mars 2008 à 19H30

 

La France sera virile ou morte », a-t-on dit en 1944. Virile, elle le fut, et les tontes des femmes accusées de collaboration en témoignent.

Sur cet épisode de notre histoire qui, aujourd’hui encore, continue de susciter un malaise, on croyait tout savoir : ayant couché avec l’ennemi, des femmes avaient été violemment punies, dans un très court laps de temps, par des foules vengeresses et des résistants de la dernière heure.

La recherche révèle notamment que la moitié seulement de ces femmes avaient eu des relations sexuelles avec les Allemands ; que les tontes n’eurent rien d’éphémère, puisqu’elles s’étalèrent de 1943 à 1946 – deux dates qui impliquent que, parmi les tondeurs, il y eut aussi des résistants et que les autorités, après la Libération, « couvrirent » cette pratique ; et que vingt mille personnes environ furent touchées, de tous âges et de toutes professions, dans la France entière.

Que s’est-il réellement passé ? Pourquoi des femmes ? Et quel sens donner à cet évènement ?

marthe on ne t’oublie pas,comment es-tu rentré sur nancy en 1944

avec deux enfants sur les bras: YVON ET PHILIPPE
tu travaillais a baden-baden,tes parents disparaissent à ce moment là…

 

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Un commentaire pour cette épuration…EN PROVENCE….ou tout arrive …à point

  1. romane dit :

    que celui ou celle qui juge autrui, ,essaie de regarder si il aurait été mieux en cette période trouble, et il est facile d’etre des héros, quand tout est terminé, cela me fait penser a la belle chanson de goldmann "si j’etais né en 17 a leinenstadt

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